GME0419007 Amsterdam 1742 2 tomes en 1 volume in 12 intérieur bon reliure très abimée. Préface, Dissertation sur la naissance et sur le mérite personnel, Des premiers élémens de la littérature, du style épistolaire et de la conversation, de l utilité, du choix et de l usage des plaisirs, Récapitulation, S attendre à l iniquité des hommes et aux caprices du sort, Du mariage : de ce qu on doit à ses proches, à son prochain, à ses amis, De la morale. Etat correct . Le Traité du vrai mérite de l'homme par Le Maître de Claville, bien qu'il n'intéresse plus que les spécialistes de la pensée morale du 18e siècle, était un « best seller » de l'époque des Lumières, réédité de nombreuses fois entre 1734 (sa première édition) et 1777, comme l'indique Corrado Rosso. Le traité a retrouvé de l'intérêt au 20e siècle auprès des analystes de la pensée eudémoniste, Robert Mauzi et Jean Ehrard, et chez ceux qui l'insèrent dans la tradition de l'honnêteté, Laurent Versini et plus récemment Emmanuel Bury. L'auteur (1670 1740), président au bureau des Finances de Rouen, vise à former un jeune homme, élaborer un plan d'éducation et guider vers la vertu. La première partie du traité contient quatre chapitres sur la formation de l'homme de bien, soulignant les qualités à acquérir et le vrai mérite, suggérant des lectures pour former le goût littéraire, déjà employé ici dans un sens moderne : cultiver les belles lettres, pas les œuvres scientifiques et érudites. Il aborde le bien dire et écrire. La suite traite de l'usage des plaisirs. La seconde partie décrit la supériorité des plaisirs de l'âme et de l'esprit, conseille sur le choix de carrière, l'enrichissement, la manière de supporter les revers ; étudie les devoirs de l'époux, du père, de l'ami ; la fin s'apparente à un traité des devoirs du vrai chrétien, reliant la morale précédemment formulée aux exigences catholiques ; la quête du bonheur, selon l'auteur, prépare le salut de l'âme. L'ouvrage se termine par des réflexions sur la préparation à la mort, combinant essai philosophique, traité des devoirs, plan d'éducation et manuel de civilité. Ce mélange explique son succès, conciliant morale chrétienne et impératifs mondains, idée soutenue par Robert Mauzi qui a redonné vie à cet ancien best seller. Cependant, l'interprétation peut se poursuivre avec la cohérence implicite du Traité, relative sur le plan philosophique mais en lien avec l'histoire des idées et des mentalités, promouvant une éthique de la sociabilité et la vie ordinaire, témoignant d'une étape vers une morale de l'individualisme, opposée à deux modèles : la vie contemplative et la morale aristocratique de l'honneur. Cette cohérence se perçoit à travers cinq aspects de la pensée morale développée : la destitution du modèle dévot, le plaisir et la tranquillité intérieure, l'éthique de la sociabilité, la promotion de la vie ordinaire, l'autosuffisance et le plaisir de soi. P Psy Catalogues Reliure 18eP Psy Auteur le MAITRE de CLAVILLE Charles François Nicolas La morale, moralis lié aux moeurs, regroupe les règles, obligations et interdictions concernant l'adéquation des actions humaines aux pratiques d'une société donnée. Éthique et morale sont proches étymologiquement, certains traducteurs antiques utilisant ces termes de manière interchangeable selon l'époque pour le grec ethikos. Pourtant, pour certains philosophes modernes, la morale se distingue de l'éthique, qui est une réflexion fondamentale où la morale fonde ses normes et devoirs. De la morale est issue la philosophie morale, pratique comparée à la métaphysique. Une action immorale est parfois nuisible comme le vol. La morale se distingue de la casuistique et de l'idéologie. En s'intéressant au bien et au mal, la morale diffère de la logique (vrai et faux), du droit (légal et illégal), de l'art (beau et laid) et de l'économie (utile et inutile). Elle fixe des principes d'action, appelés devoirs humains, pour soi-même, pour autrui, pour la société, ou pour des idéaux élevés (tradition, harmonie, paix, dieux). Deux attitudes contraires à la morale existent : l'immoralité, violant les règles sciemment, sans jugement, et l'amoralité, niant ou refusant la morale, voire incitant à la transgression en séparant éthique et moeurs. La morale cherche à préserver l'organisation sociale collective et l'agrément de la vie en société. Le même schéma moral varie selon cultures et sociétés, mais des moralités diverses coexistent avec des tensions variées. Elle peut référer aux règles de conduite d'une société (politesse, civisme) ou à des préceptes religieux ou doctrinaux. Les règles morales se classent en maximes personnelles et codes de conduite collectifs partagés dans une communauté religieuse, culturelle ou civile. |