Histoire de l abbaye et de la terre de Saint Claude 1999 - BENOIT Paul - Régionalisme Religion Chroniques 2 volumes Jura

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GME1229008 Arts et littérature 1999 Réimpression de l édition de 1892 2 volumes brochés de 672p et 1008p format in 4 Bon état . Au début du 5eme siècle, Romain de Condat, originaire d Izernore dans le Haut Bugey, est rejoint par son frère Lupicin de Lauconne dans son voyage au coeur des forêts du Jura en quête de spiritualité. Ils se dirigent en direction de Moirans en Montagne mais le lieu ne les satisfait pas. Ils décident de descendre jusqu à la Bienne et de continuer en direction de Jeurre, déjà habité à cette époque, car c était un point fortifié par les Romains pour contrôler le passage vers l Helvétie. Arrivé aux alentours de Saint Claude, nommé alors Condat (en celte: confluent, car situé au lieu où se rejoignent le Tacon et la Bienne), ils y fondent un ermitage à l ombre d une grotte et auprès d un ruisseau nommé la Rochette. Bientôt rejoint par d autres, ils construisent des cellules au pied d une petite colline et décident d élaborer des règles de vie inspirées de saint Basile, de saint Pacôme et de Cassien. La règle des bénédictins, ou moines noirs, ne sera appliquée qu à la fin du Xe siècle. Leur communauté s agrandissant très vite, ils se lancent dans l édification de granges monastiques (à Étables, Villard Saint Sauveur, Septmoncel et Cinquétral) destinées à l exploitation agricole des terres défrichées, puis plus tard d un deuxième lieu de culte à Saint Lupicin, alors nommé Lauconne, dont Lupicin de Lauconne devient le premier abbé. Régionalisme Franche Comté Religion 20e Abbaye de Saint-Claude

Catalogues Régionalisme Franche ComtéReligion 20e

Auteur BENOIT Paul

Editeur Arts et littérature



L'abbaye de Saint-Claude ou monastère de Condat ou abbaye de Saint-Oyand de Joux est une ancienne abbaye bénédictine située à Saint-Claude dans le massif du Jura, existant du Ve au XVIIIe siècle et dont seules subsistent des ruines. Un premier ermitage est fondé vers 420 par saint Romain et saint Lupicin au confluent de la Bienne et du Tacon dans le sud du Jura : la particularité du lieu lui donne le nom de monastère de Condat (signifiant confluence). Le rôle clé joué par saint Oyand, abbé qui transforme vers 500 la fondation des Pères du Jura en véritable monastère, conduit à un culte établi aux VIIe et VIIIe siècles, renommant le monastère Saint-Oyand de Joux (avec variantes comme Oyend) jusqu'à la fin du Moyen Âge. Toutefois, en 1160, le corps intact de saint Claude, décédé en 699, est découvert : abbé célèbre de Saint-Oyand, il avait modifié la règle monastique selon celle de saint Benoît. Cette découverte provoque un culte du saint et un pèlerinage notable (roi Louis XI en 1456 et 1482). Le nom Saint-Claude s'associe à Saint-Oyand, finissant par le remplacer à l'époque moderne. L'abbaye est enrichie par les dons et pèlerinages, développant la ville et l'artisanat religieux : elle possède de nombreux prieurés et églises dans plusieurs évêchés formant la puissante Terre de Saint-Claude, restant indépendante car directement rattachée au Saint-Siège. Dès le XIVe siècle, les moines nobles riches de Saint-Claude ne suivent plus la règle bénédictine et en 1510 s'installe le régime de commende. Malgré les réformes tentées, la relaxation monastique perdure et les conflits entre moines et prieurs mènent à la sécularisation de l'abbaye en 1742 : elle devient un chapitre de 16 chanoines dirigés par quatre dignitaires, dont un prieur. Une réorganisation ecclésiastique est entreprise avec la création du nouvel évêché de Saint-Claude pour offrir une sentinelle vigilante aux portes de Genève, et l'église abbatiale devient la cathédrale de Saint-Claude. Le chapitre de Saint-Claude y est rattaché et défend ses droits seigneuriaux comme la mainmorte sur les serfs du Haut-Jura qui, malgré Voltaire et l'avocat Cristin, ne seront affranchis que par la Révolution lors de la Nuit du 4 août 1789 ; l'abolition effective n'entrant en vigueur qu'après les décrets du 15 mars 1790.