| Titres |
|---|
U0082 Lyon imprimerie Pitrat ainé 1881, in-12 non coupé de 158p Edition originale sur vélin non numérotée Bon état . - Jb DUBUC DUBUC JbEditions originales 1870 1889Pitrat |
U0083 Lyon librairie Meton 1882 in-12 non coupé broché de 166p Edition originale sur vélin non numérotée. L Aurore Près d une jeune vierge à la candeur divine Qui n a senti son coeur palpiter doucement, Et, lisant dans son âme, aube qui s illumine, Cru voir un frais matin éclore au firmament ? Que la sainte pudeur à nos yeux a de charmes ! C est la fleur du sentier, près du flot gracieux, L imprégnant de rosée et la rendant en larmes Pour rafraîchir la vie et les fronts soucieux. Sur sa lèvre le mot est un divin cantique Plus pur que le soupir ou le chant des oiseaux, Il parle à notre oreille une langue mystique, Pareille au doux zéphyr caressant les roseaux. Malheur à l imprudent qui souille cette flamme D un regard impudique ou d un rire moqueur! Son être est tout d argile et ne contient point d âme; Il applaudit le lâche et flétrit le vainqueur. Quand cet ange sommeille, une haleine plaintive S exhale de son sein, et la rose sourit Sur des perles de lait, comme une sensitive Qu un bel enfant caresse à l heure où tout fleurit. Dans son rêve candide elle voit la chapelle, Et doucement murmure un oui dans un soupir ; En descendant des cieux un autre ange l appelle Pour goûter le bonheur ou plutôt en mourir. Tout son être frémit : telle une source pure Que la brise surprend, glissant par le sentier, Où la fleur se couronne, en regardant la mure, Dans un bosquet couvert de saule et d églantier. Dieu, conserve-lui sa naïve chimère, Épargne à cette enfant les tourments et les maux, Ou donne à sa tendresse une ivresse de mère, Dans un berceau riant au milieu des hameaux. Dieu qui fit les soleils et la plaine féconde, N a rien fait de plus beau dans le vaste univers, Que cet être divin qui console le monde, Et parfume la vie au milieu des déserts. En attendant l époux qui complète le rêve, Sous les buissons en fleurs elle adore l oiseau Qu une chanson commence et que juillet achève, Dans un beau lit de mousse à l ombre d un berceau. Marchant à pas légers vers le doux petit être, « Ne crains rien, lui dit-elle, oh ! viens plus près de moi, Ami, je t aime trop pour te donner un maître ; Viens, je serai l esclave, et toi, tu seras roi. » Mais l oiseau, gazouillant, sur le buisson s envole, Il dédaigne la vierge et redoute l amour ; Il sait que dans le monde on brise son idole, Et que les champs dorés valent mieux que la cour. Ingrat ! tu méconnais ce que tout homme envie, Le baiser d une lèvre amoureuse et sans fiel ; Pour un mot dé son coeur je donnerais ma vie, Et pour un seul baiser je donnerais le ciel. toi que le destin a promis à cet ange, Parle-lui de bonheur, d amour, de vérité, Tu recevras, crois-moi, dans un sublime échange Pour les tendres bienfaits, demain l éternité ! Et dans les cieux bénis où vivent les colombes, Vous aimerez encore, enivrés du rayon ; Et, songeant à la terre, asile de vos tombes, Vous direz tristement : Oh ! l infâme prison ! Alors pensant à l être égaré dans la boue, Qui partageait vos coeurs en vous rendant l amour, Vous prirez le Seigneur, qui des tourments se joue, De l appeler bientôt au céleste séjour. Mais avant, goûte en paix, enfant sur qui rayonne Le doux ange du ciel, au bonheur d ici-bas ; Et si, jeune martyr, sur ton front la couronne Ne montre que l épine, alors fuis les combats. Retourne près de ceux qui t ont paré d aurore, En te voyant venir, ils oubliront les cieux; Et les doux bruits qu on aime et les chants qu on adore A ta voix pâliront tristes, silencieux. Soudain un jour nouveau dans le champ des étoiles Où rien d impur ne vit, où rien de bas ne naît, Apparaîtra pour vous sans tristesse et sans voiles, Comme à l heure où l amour à tes jeux rayonnait. L amour, le temps, l espace, est-il un plus doux rêve Pour les êtres tremblants qui sont l humanité ? Faut-il douter ou croire? ô Dieu, fais qu il s achève, Que tout renaisse au jour et pour l éternité ! Bon état . - Jb DUBUC DUBUC JbEditions originales 1870 1889P PoésieMeton |